MEMORANDUM: les effets du retour forcé et les conséquences des affetcs post truamatiques sur l'individu migrant et son entourage familier

Date published

2009

Description

L’expulsion des (travailleurs- asilants) immigrants vers le pays de transit ou d’origine engendre inévitablement un développement de syndromes post traumatiques ; par le blocage d’un parcours de vie (individuel- familial- communautaire) et la rupture d’un projet (économique- estudiantin- professionnelle- sécuritaire) migratoire.

La recherche d’un mieux être ailleurs expose l’émigrant- immigrant à divers circonstances et dans divers environnements ; mais portée par l’espérance de changer les conditions de vie annexes aux raisons du départ. Le migrant devient très souvent la « figure » ou le « messager » des disfonctionnements opérés dans les choix politiques. Ici et là-bas.

La personne est par essence un initiateur de son évolution individuel ; donc acteur du développement socio- économique dans son espace géographique de vie. Ici et là-bas.

Le retour forcé est toujours ressentit par l’expulsé et sa famille comme une injustice faite à quelqu’un qui n’a fait qu’aller ailleurs ; essayer de changer les conditions de vie de sa communauté et de sa personne. Pourquoi on lui refuse d’aller chercher ce qu’il ne peut pas trouver ici ? Voilà la question que tous se posent, parents, amis et concerné.

L’expulsé se retrouve là où il a tout sacrifié pour quitter et revient d’où il a tout entrepris pour joindre. Transportant tout une charge d’épisodes et de contraintes dans ses particularités ; il se retrouve autant vulnérable que lorsqu’il a tenté de briser « justement » la spirale de vulnérabilités d’origine. Cela expose l’individu à des affects de manifestations post expulsion.

De là découle l’angoisse, le sentiment d’échec, la culpabilisation du retour. Il ne sait plus quoi faire du lendemain. Des lendemains aussi incertains que ceux d’avant.

2- Les effets visibles :

Sur l’expulsé :

Très souvent il est découragé, abattu et n’a plus la force ou la volonté de se refaire ou de retourner au village dans sa communauté. C’est comme s’il n’a plus d’idées pour la suite, pour redresser sa situation. Et lorsqu’il voit la pitié dans le regard des compatissants ; cela lui donne l’envie de repartir, comme s’il n’était plus ici.
Comment ? Pourquoi ? Telles sont les questions qu’il se pose constamment. Les réponses deviennent urgentes sinon c’est la précarité.

b- Dans ses rapports avec les autres :
Considéré comme une victime de l’injustice ; l’expulsé devient alors un assisté. Puisqu’il n’a rien ramené, il faut bien qu’il soit aidé et soutenu.
Cela dépend surtout du milieu d’origine ; c’est ce qui détermine le degré d’assistance et la valeur du soutien qu’il peut recevoir de ses parents et amis. Il aura alors une chance de se refaire ou bien il va entreprendre par tous les moyens de repartir.

c- Sur sa famille :

- Dans le pays d’origine : (parents, femme et enfants)

Etant la principale source financière pour la famille et la communauté ; son retour forcé signifie la rupture dans les provisions et la fin des aides sociaux (baptêmes, mariages, décès) des aides de développement (Forages de puits, dispensaires, écoles et autres) et des ressources en périodes de soudure (stocks de céréales, frais de l’eau d’irrigation….)
Le foyer tombe dans la précarité et le quotidien devient triste pour lui ; allant souvent à la dislocation du tissu familial. La recherche de moyens de subsistance est la priorité pour tous.
Et afin de ré- relever le défi il va tout faire pour répartir, faute de mieux dans le pays d’origine.

-Dans le pays d’accueil : (femme avec ou sans enfants)

C’est dans l’angoisse et la crainte des suites de l’expulsion que vivent femme et enfants dans le pays d’accueil. Et c’est avec la même pensée que l’expulsé passe son quotidien.
Il a peur ; il ne sait pas comment venir en aide à sa famille là-bas.
Il fera tout pour répartir s’il n’a pas les moyens de se réinsérer.
L’éloignement lui fait perdre sa responsabilité parentale et ses devoirs de chef de famille: sécurité, santé, éducation et bien être. Il reste dans le doute et l’indécision ; en se demandant s’il faut rapatrier sa famille et comment ou s’il doit les rejoindre.

3- Les Alternatives de Soutien :

a - sur place dans le pays d’origine

L’accueil, l’écoute et l’accompagnement medico- social

Comprenant la prise en charge sur le volet santé physique et le soutien psycho- social en lien avec l’entourage familier. Il faut nécessairement crée les conditions d’une assistance/ suivi et d’un accès régulier aux soins en santé mental en plus de la disposition des prises en charge en soins d’urgences sur les manifestations d’affects physiques. Ces appréciations prennent en compte l’individu et son entourage familier aux fins d’humaniser « le retour de la honte » et de socialiser le « rentrer en famille ou dans le village » d’origine. Car il faut donner opportunités d’un intéressement de l’individu à se réaliser » chez soi », valoriser l’espace de vie familial, professionnel, ou culturel ; souder les liens para- personnel de l’individu pour en faire un acteur de son propre développement en local.

La sensibilisation :

Avec la sensibilisation sur la problématique de l’immigration et de l’expulsion ;
La personne expulsée trouve peu à peu des explications et des réponses à des choses qu’il n’appréhendait pas. Dans tous les cas, la sensibilisation change sa façon de voir ou d’analyser sa situation personnelle et d’envisager une reconversion ou une ré- insertion sociale productrice de revenus, en un mot avoir le courage de se réaliser chez soi.

Les travaux temporaires :

Par des contrats et travaux temporaires ; l’expulsé travail et s’assure lui-même la subsistance. C’est une alternative spontanée ; mais une reconversion adéquate lui permettra de se réaliser chez soi et de se sédentariser de fait.
A travers le labeur il se réaffirme et prend confiance pour changer sa situation ; donc envisager une nouvelle vie, une nouvelle place dans la communauté.

L’Insertion dans un projet générateur :

Par son intéressement et son insertion dans un projet générateur de revenu ;
L’expulsé avec la volonté de gagner qu’il a ; devient un facteur de développement social pour lui-même et pour sa communauté.
Intégré dans l’agro- pastorale, la pêche, et l’artisanat ou dans un programme de valorisation du métier pratiqué dans le pays d’accueil l’expulsé prend une nouvelle confiance en lui-même par la responsabilité et l’opportunité qu’on lui offre de se refaire sur place.

b- dans l’ex pays d’accueil :

La préoccupation majeure de l’expulsé est le soutien et les aides à l’endroit de sa famille restée dans le pays d’accueil. Pas une prise en charge mais une prise en compte par des allocations sociales pour personnes en situation particulière.
La subsistance, la santé, le cadre de vie et la scolarité sont les éléments forts d’angoisse pour la personne qui a laissé une partie de lui-même quelque part à l’étranger. Etant le seul secours et la source de revenus, et maintenant laissés sans soutiens ou aides pour eux ; il fera tout pour les rejoindre. Certains pensent même à faire rapatrier la famille, mais comment faire ? Il est extrêmement important de se pencher et explorer ces pistes de soutien et d’aides afin d’humaniser un peu les rapports entre la personne et le pays d’accueil.

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Mali

Thematic area

  • Migrant access to urban services

Parent project

Document language

Français

Document type

Number of pages

3 pages

Focus area

Adopting a human rights-based approach to migration and development

French version

Place / Publisher

Alassane Dicko