Improve the access to mental care services for returnees in Mali

Short title

Améliorer l’accès aux soins en santé mentale pour les personnes migrantes en situation de retour forcé au Mali

Start date - End date

Thu, 07/30/2009 to Wed, 03/30/2011

Brief description of the initiative

The project provided traumatised deported migrants with psychological support.

Results and lessons learned

 

The project is in its final phase. Staff of the organisation AME have been trained on how to provide basic psychological support to beneficiaries and on how to identify cases requiring follow-up from a mental health care professional. In addition, over 800 return migrants have been assisted within the framework of this project so far. The establishment of a network of mental health care professionals and a referral system is under way. The awareness-raising activities of the project are aimed at informing migrants, their families and the malian society at large about the conditions and consequences of forced return.

Status

Complete

Key success or innovative factors

The project is extremely relevant to the local context. The partnership and the knowledge transfer between MdM-France and AME are working extremely well : The training for AME staff on providing psychological support return migrants, enables AME to receive and to assist these persons. The awareness-raising activities help to fight against the stigmatization of deported and expulsed migrants and thereby to combat one of the root causes of psychological suffering. These activities are involving the medical milieu and to raise awareness amongst various actors in Mali on the specific situation of return migrants.

Project number

Ma-052

Budget

€156.404

Donors

JMDI, European Union

Partner country(ies)

France

Main thematic areas

Migrant rights

JMDI Focus area

Migrant Rights
Migrant Communities
Migrant Capacities

First name

Isabelle

Last name

Bruand

Position

-

Email

-

Main objectives

The project provided traumatised deported migrants with psychological support.

Country

Mali

Main activities

-training AME staff, who already assist returnees in Bamako and at the borders with Mauritania and Algeria by providing legal support,finding housing for them and striving to ease their return to their families and communities;

-setting up a network of Malian mental health professionals who can provide therapy to returnees;

-carrying out awareness-raising activities among returnees' communities to reduce the stigma associated with deportation and the ensuing trauma.

Main beneficiaries

Migrants, their families and Malian society at large

Project Pictures

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Project Documents

  • L’Association Malienne des Expulsés est dans la mise en œuvre du projet Ma- 052 « Améliorer l'accès aux soins en santé mentale pour les personnes migrantes en situation de retour forcé au Mali  » conjointement mené avec Médecins du Monde France. Le projet est financé par  l'UE et le PNUD dans le cadre de l'Initiative Conjointe Migration et Développement (ICMD- JMDI)

    Essentiellement, il s'agit d'un renforcement MdM des capacités AME par des séries de formations sur la détection et la gestion des signes de stress post traumatiques chez les expulsés et refoulés que nous accueillons quotidiennement.

    Avec 12 intervenants y compris ceux des 02 antennes locales aux frontières (Points de refoulements et d'accueil des migrants reconduits de la Mauritanie et d’Algérie) nous appliquons les techniques de l'écoute et l'accompagnement medico social (acquises des formations) à l’endroit des  personnes qui arrivent le plus souvent désemparées et affectées par les conditions de la rupture du projet migratoire.

    Régulièrement l’AME accueille depuis 2006 les migrants en retour forcé à l’Aéroport de Bamako- Senou, dans les gares routières de la capitale, et nous menons ces activités ponctuelles dans les antennes locales de Nioro du Sahel et Kidal.

    En fait l'engagement humanitaire dans cet exercice relève des observations faites suite à  une présence régulière auprès des personnes reconduites ou refoulées vers la Mali. Les effets secondaires du retour forcé se sont manifestés par des difficultés de rentrer en famille, de reconnaitre la réalité de la nouvelle situation, de reprendre pieds dans le pays après de longues années d'absence, l'incompréhension des parents et les regards compatissants- accusateurs de l'entourage familier, etc.

    De sérieuses conséquences ont découlées des expulsions et refoulements allant des ruptures de famille à l'abandon ou la mise en exil de certains membres proches du migrant, ou de lui même ayant perdu tout espoir de réaliser les espérances portées sur ses épaules lors du départ ailleurs. La décision d'aller à l'aventure est volontaire mais elle relève bien souvent des raisonnements socio culturels des individus.

    Le retour forcé et brutal est très souvent le facteur déclencheur des stress et troubles post traumatiques. Les intervenants AME se trouvent confrontés aux questionnements et appréhensions des gens qui ont tout entrepris pour immigrer, et qui reviennent où ils ont tou sacrifié pour quitter à la recherche du mieux être ailleurs.

    Le projet Santé Mentale des Migrants prend en compte les anciens migrants revenus, les immigrants arrivant en retour involontaire, les candidats au départ, l’entourage familier des personnes. Avec l’accompagnement technique de la formatrice MdM les prise en charge se développent pour le bien être général et la visibilité des personnes affectées par la migration.

    Une présentation du projet a été menée auprès des autorités, structures et services intervenants sur la thématique Migration.  A ce titre l’AME et MdM ont rencontré le Ministre des Maliens de l’Extérieur, le Directeur- Régisseur du Centre d’ Information et de Gestion des Migrations au Mali, l’Agence Nationale de Promotion de l’ Emplois, le GRDR, la FECONG, le Ministre de la Sécurité Intérieur, la Délégation Général des Maliens de l’Extérieur, la Cellule du Codéveloppement, le chef de la Délégation Malienne à la Commission Mixte Franco Malienne sur l’Immigration et la Coopération Internationale, le Commissaire de la Police de l’Air et des Frontières- Aéroport, le Préfet et le Commissaire de Nioro du Sahel, le député et le Maire, le Service du Développement Social et les Responsables de l’hôpital de Nioro, le sous- préfet et le Conseil Communal de Gogui.

    Des démarches sont en cours au niveau du Ministère de la Santé, au Gouvernorat et Mairie du District de Bamako en plus du Ministère du Développement Social et des personnes Agées.

    Le soutien médicosocial prend en compte à l'arrivée des migrants; les conditions physiques et morales des personnes que nous accueillons et de faciliter leur réintroduction dans le courant social en lien avec l'entourage familier.

    L'innovation réside dans la constitution d'un réseau de psychologues praticiens locaux qui vers qui les intervenants référent les cas graves nécessitant une psychothérapie soutenue.

    La conduite du projet devant avoir une valeur partagée ( opinions et communautés) la visibilité se traduit par une série de campagne de sensibilisation tous azimuts, la jonction avec d'autres programmes de développement socio- professionnels inscrits dans le document national de réduction de la pauvreté et la tenue d'un séminaire international en fin d'exercice pour capitaliser les données globales  recueillies.

    Dans le principe nous évoluons dans l'aide d’urgence (accueil- hébergement- soins de santé physique et aide au transport) et le soutien humanitaire (écoute et accompagnement psychologique- aide juridico- administrative) pour l'atteinte de nos objectifs du plaidoyer sur les conséquences des politiques migratoires face aux initiatives et conditionnalités de développement des pays d'origine des migrants.

    Pour l'appropriation nous avons réorganisé la structuration du travail dans l'association.

    L'AME évolue avec 3 Pools de gestion et de conduite des activités quotidiennes:

    - Pool documentation et finances (lien administratif national- archivages- gestion financière)

    - Pool plaidoyer- communications et appui juridique(en lien avec les mouvements de soutien nationaux et les plateformes de la solidarité internationale)

    - Pool Solidarité Migrants (accompagnement medico- social- suivi des personnes référées- état général des expulsés et refoulés accueillis)

    Deux équipes sont disponibles en permanence: l'une pour l'accueil et l'orientation des personnes au siège et l'autre pour les maraudes, interventions extérieures et les actions sociales. Cette configuration est soumise aux décisions du bureau national de l'AME dirigé par le Président Ousmane Diarra, ancien immigré expulsé de l’Angola en 1996.

  • L’expulsion des (travailleurs- asilants) immigrants vers le pays de transit ou d’origine engendre inévitablement un développement de syndromes post traumatiques ; par le blocage d’un parcours de vie (individuel- familial- communautaire) et la rupture d’un projet (économique- estudiantin- professionnelle- sécuritaire) migratoire.

    La recherche d’un mieux être ailleurs expose l’émigrant- immigrant à divers circonstances et dans divers environnements ; mais portée par l’espérance de changer les conditions de vie annexes aux raisons du départ. Le migrant devient très souvent la « figure » ou le « messager » des disfonctionnements opérés dans les choix politiques. Ici et là-bas.

    La personne est par essence un initiateur de son évolution individuel ; donc acteur du développement socio- économique dans son espace géographique de vie. Ici et là-bas.

    Le retour forcé est toujours ressentit par l’expulsé et sa famille comme une injustice faite à quelqu’un qui n’a fait qu’aller ailleurs ; essayer de changer les conditions de vie de sa communauté et de sa personne. Pourquoi on lui refuse d’aller chercher ce qu’il ne peut pas trouver ici ? Voilà la question que tous se posent, parents, amis et concerné.

    L’expulsé se retrouve là où il a tout sacrifié pour quitter et revient d’où il a tout entrepris pour joindre. Transportant tout une charge d’épisodes et de contraintes dans ses particularités ; il se retrouve autant vulnérable que lorsqu’il a tenté de briser « justement » la spirale de vulnérabilités d’origine. Cela expose l’individu à des affects de manifestations post expulsion.

    De là découle l’angoisse, le sentiment d’échec, la culpabilisation du retour. Il ne sait plus quoi faire du lendemain. Des lendemains aussi incertains que ceux d’avant.

    2- Les effets visibles :

    Sur l’expulsé :

    Très souvent il est découragé, abattu et n’a plus la force ou la volonté de se refaire ou de retourner au village dans sa communauté. C’est comme s’il n’a plus d’idées pour la suite, pour redresser sa situation. Et lorsqu’il voit la pitié dans le regard des compatissants ; cela lui donne l’envie de repartir, comme s’il n’était plus ici.
    Comment ? Pourquoi ? Telles sont les questions qu’il se pose constamment. Les réponses deviennent urgentes sinon c’est la précarité.

    b- Dans ses rapports avec les autres :
    Considéré comme une victime de l’injustice ; l’expulsé devient alors un assisté. Puisqu’il n’a rien ramené, il faut bien qu’il soit aidé et soutenu.
    Cela dépend surtout du milieu d’origine ; c’est ce qui détermine le degré d’assistance et la valeur du soutien qu’il peut recevoir de ses parents et amis. Il aura alors une chance de se refaire ou bien il va entreprendre par tous les moyens de repartir.

    c- Sur sa famille :

    - Dans le pays d’origine : (parents, femme et enfants)

    Etant la principale source financière pour la famille et la communauté ; son retour forcé signifie la rupture dans les provisions et la fin des aides sociaux (baptêmes, mariages, décès) des aides de développement (Forages de puits, dispensaires, écoles et autres) et des ressources en périodes de soudure (stocks de céréales, frais de l’eau d’irrigation….)
    Le foyer tombe dans la précarité et le quotidien devient triste pour lui ; allant souvent à la dislocation du tissu familial. La recherche de moyens de subsistance est la priorité pour tous.
    Et afin de ré- relever le défi il va tout faire pour répartir, faute de mieux dans le pays d’origine.

    -Dans le pays d’accueil : (femme avec ou sans enfants)

    C’est dans l’angoisse et la crainte des suites de l’expulsion que vivent femme et enfants dans le pays d’accueil. Et c’est avec la même pensée que l’expulsé passe son quotidien.
    Il a peur ; il ne sait pas comment venir en aide à sa famille là-bas.
    Il fera tout pour répartir s’il n’a pas les moyens de se réinsérer.
    L’éloignement lui fait perdre sa responsabilité parentale et ses devoirs de chef de famille: sécurité, santé, éducation et bien être. Il reste dans le doute et l’indécision ; en se demandant s’il faut rapatrier sa famille et comment ou s’il doit les rejoindre.

    3- Les Alternatives de Soutien :

    a - sur place dans le pays d’origine

    L’accueil, l’écoute et l’accompagnement medico- social

    Comprenant la prise en charge sur le volet santé physique et le soutien psycho- social en lien avec l’entourage familier. Il faut nécessairement crée les conditions d’une assistance/ suivi et d’un accès régulier aux soins en santé mental en plus de la disposition des prises en charge en soins d’urgences sur les manifestations d’affects physiques. Ces appréciations prennent en compte l’individu et son entourage familier aux fins d’humaniser « le retour de la honte » et de socialiser le « rentrer en famille ou dans le village » d’origine. Car il faut donner opportunités d’un intéressement de l’individu à se réaliser » chez soi », valoriser l’espace de vie familial, professionnel, ou culturel ; souder les liens para- personnel de l’individu pour en faire un acteur de son propre développement en local.

    La sensibilisation :

    Avec la sensibilisation sur la problématique de l’immigration et de l’expulsion ;
    La personne expulsée trouve peu à peu des explications et des réponses à des choses qu’il n’appréhendait pas. Dans tous les cas, la sensibilisation change sa façon de voir ou d’analyser sa situation personnelle et d’envisager une reconversion ou une ré- insertion sociale productrice de revenus, en un mot avoir le courage de se réaliser chez soi.

    Les travaux temporaires :

    Par des contrats et travaux temporaires ; l’expulsé travail et s’assure lui-même la subsistance. C’est une alternative spontanée ; mais une reconversion adéquate lui permettra de se réaliser chez soi et de se sédentariser de fait.
    A travers le labeur il se réaffirme et prend confiance pour changer sa situation ; donc envisager une nouvelle vie, une nouvelle place dans la communauté.

    L’Insertion dans un projet générateur :

    Par son intéressement et son insertion dans un projet générateur de revenu ;
    L’expulsé avec la volonté de gagner qu’il a ; devient un facteur de développement social pour lui-même et pour sa communauté.
    Intégré dans l’agro- pastorale, la pêche, et l’artisanat ou dans un programme de valorisation du métier pratiqué dans le pays d’accueil l’expulsé prend une nouvelle confiance en lui-même par la responsabilité et l’opportunité qu’on lui offre de se refaire sur place.

    b- dans l’ex pays d’accueil :

    La préoccupation majeure de l’expulsé est le soutien et les aides à l’endroit de sa famille restée dans le pays d’accueil. Pas une prise en charge mais une prise en compte par des allocations sociales pour personnes en situation particulière.
    La subsistance, la santé, le cadre de vie et la scolarité sont les éléments forts d’angoisse pour la personne qui a laissé une partie de lui-même quelque part à l’étranger. Etant le seul secours et la source de revenus, et maintenant laissés sans soutiens ou aides pour eux ; il fera tout pour les rejoindre. Certains pensent même à faire rapatrier la famille, mais comment faire ? Il est extrêmement important de se pencher et explorer ces pistes de soutien et d’aides afin d’humaniser un peu les rapports entre la personne et le pays d’accueil.

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The Association Malienne des Expulsés (AME) has recently been featured in Le Républicain on the 29th of November 2010. To read the article, please click on the link below:

http://www.maliweb.net/newspaper.php?SID=14